HALLUCINOGÈNES PDF Imprimer Envoyer
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Vendredi, 18 Décembre 2009 13:29

LES HALLUCINOGÈNES

Introduction

De toutes les substances psychotropes, les hallucinogènes sont certainement les plus intéressantes. Contrairement aux nombreuses substances qui, administrées à des doses toxiques, provoquent aussi des illusions, des hallucinations et d'autres effets psychologiques, qu'une observation superficielle ne permet d'ailleurs pas de distinguer des symptômes de la psychose, les hallucinogènes entraînent également des effets corporels. Les vrais hallucinogènes exercent cependant une forte influence sur le psyché sans avoir d'effets physiques significatifs. Des substances qui "d'une façon bien spécifique, provoquent des changements de la perception et de l'expérience du monde extérieur et intérieur. Ces changements peuvent devenir des hallucinations, alors que la conscience est éveillée, que la mémoire est intacte et que les fonctions végétatives ne sont pas perturbées. Les hallucinogènes nous entraînent dans une sorte de monde de rêves, que nous vivons en pleine conscience", comme le définissait Hofmann (83). Ce n'est que depuis la découverte du LSD que la science s'est intéressée à ces substances. On sait à présent qu'il existe un grand nombre de groupes de substances chimiquement différentes qui sont déjà utilisées depuis des siècles et qui ont des propriétés hallucinogènes:

a. les dibenzopyranes, dont la substance active du cannabis, le tétrahydrocannabinole, est la plus connue;
b. les indolamines, qui sont des substances dérivées de la tryptamine, comme les dérivés alkyliques 'diméthyltryptamine' (DMT) et 'diéthyltryptamine' (DET) et les dérivés hydroxydiques (psilocybine et acide lysergique diéthylamide [LSDP;
c. les S-carbolines : harmaline, harmine, etc.;
d. les    S-phénéthylamines, comme la mescaline, la diméthoxyméthylamphétamine (DOM, également connue sous le nom STP) et DMA, mais aussi MDMA (XTC), toutes dérivées de l'amphétamine;
e. les isoxazols, dont la substance active de l'amanite, le muscimol, est la plus connue;
f. les tropanes, qui sont les substances actives des solanacées : atropine, hyoscyamine, scopolamine et beaucoup d'autres;
g. les arylcyclohexylamines, comme la PCP.

Il est clair que les molécules hallucinogènes diffèrent largement entre elles. Leurs effets ne sont pas seulement de nature très dissemblable (rien que les hallucinations visuelles peuvent déjà se traduire par des images rapides, que l'on ne voit que quelques secondes les yeux fermés et qui disparaissent quand on rouvre les yeux, mais aussi par des illusions contraignantes et persistantes, qui sont perçues alors que les yeux sont ouverts), mais sont également largement influencés par des variables personnelles et contextuelles (1).

CANNABIS

Histoire

Le chanvre, Cannabis sativa, est utilisé depuis 12 000 ans comme source de fibres pour la fabrication de vêtements et de cordes. La première source qui fait état du chanvre comme 'drogue' est le Pen Ts'ao, un ouvrage chinois de référence sur les plantes médicinales, qui date du 28e siècle ACN. En Europe occidental, le chanvre était utilisé dans la préparation d'un grand nombre de médicaments destinés à guérir diverses affections. Nous avons vu que, dans le cadre de la Prohibition, le cannabis fut interdit dans les quelques décennies suivantes. Une interdiction à laquelle les actions d'Anslinger, le chef des anciennes brigades chargées de veiller à l'observation de la Prohibition, n'étaient certainement pas étrangères. Il avait l'habitude de projeter des films de propagande ('Reefer Madness'), qui suggéraient que la drogue pouvait changer des moutons en loups.
La drogue cannabis est apparue dans notre société au début des années soixante. Sa consommation, d'abord restée limitée à des groupes de jeunes bien particuliers (étudiants, artistes), connut un énorme engouement dans la deuxième moitié des sixties. En 1970, la consommation de cannabis était devenu le symbole par excellence de la culture 'hippie'. Alors que le commerce de cannabis à la fin des années soixante se composait d'un grand nombre de petits importateurs et que le trajet entre les importateurs et les consommateurs était très court (l'importateur était souvent le détaillant), le trafic se criminalisa rapidement sous l'influence de la Prohibition et du nombre sans cesse croissant d'amateurs. Après une croissance fulgurante, la consommation se stabilisa durant la première moitié des années soixante-dix, bien que l'on constate une nouvelle augmentation en Europe et aux USA depuis quelques années.
Les Pays-Bas ont acquis une place importante comme pays de 'transit', non seulement en raison de la politique relativement souple dans le domaine de la répression du trafic transfrontalier de cannabis, mais aussi et surtout parce que le trafic de marchandises illégales est inévitablement lié au commerce de marchandises légales et que les Pays-Bas figurent parmi les principales plate-formes commerciales d'Europe.

Pharmacologie

La plante de cannabis contient plus de 60 cannabinoïdes différents, le tétrahydrocannabinol (THC) étant le plus actif. L'effet du cannabinol (CBN) ne correspond qu'à environ 1/10e de celui du THC. Dans la plante, le THC a la forme de l'acide THC inactif, qui par échauffement est totalement transformé en THC. Le cannabis existe sous deux formes : les extrémités séchées de la plante femelle (marijuana) et la résine collectée des fleurs et des feuilles supérieures (hachisch). La teneur en THC de la marijuana varie entre 5 et 15%. Le hachisch est un peu plus fort. La dose active se situe entre 2 et 22 mg lorsqu'il est fumé, et entre 20 et 90 mg lorsqu'il est pris oralement. Lorsqu'il est fumé normalement, 16 à 19% du THC présent dans le joint est absorbé par la fumée, le reste est pyrolysé. La dose létale n'est pas connue. Sur la base d'essais effectués sur des animaux, le rapport entre la dose létale et la dose effective est évaluée à 4000-40 000 (alcool : 4-10).
Lorsque le THC arrive dans la circulation sanguine, il est rapidement assimilé par le tissu adipeux (période de demi-valeur 30minutes), puis revient progressivement dans les vaisseaux, est métabolisé et, enfin, éliminé par l'urine et les fèces (période de demi-valeur : quelques jours!). Une consommation répétée entraîne une accumulation au niveau de la graisse et du foie, mais pas à celui du cerveau! C'est ce qui explique pourquoi on trouve des métabolites THC dans l'urine pendant plusieurs semaines encore après la dernière consommation.
Les effets aigus, lorsque le cannabis est fumé, apparaissent en quelques minutes, la concentration de plasma atteint son maximum après 7 à 10 minutes et l'effet maximal est atteint après 20 à 30 minutes. La durée de l'effet est de 2 à 3 heures. En cas de consommation orale (le 'space cake'), l'effet n'apparaît qu'après 1 à 2 heures et dure de 5 à 12 heures.

Mécanismes

Le mécanisme exact du THC est longtemps resté totalement inconnu. Ce n'est qu'en 1990 que l'on a trouvé le récepteur spécifique du THC. Cela signifie que notre corps fabrique aussi des substances qui s'apparentent au THC. Ces récepteurs se trouvent dans l'hippocampe (ce qui explique l'effet du THC sur la mémoire), dans les amygdales (le comportement peu agressif du fumeur satisfait?) et dans le cortex (la facilité de faire naître de nouvelles associations d'idées?).
Le THC a une action potentialisante sur le système gratifiant mésocortical dopaminergique parce qu'il y a des récepteurs THC présynaptiques sur la liaison synaptique axo-axonique peptidergique avec les neurones dopimanergiques (qui stimulent à leur tour des neurones peptidergiques) du nucleus accumbens (84).

Dépendance et tolérance

Il n'y a pas de tolérance physique, alors que la tolérance psychique est rare. Au début, on constate une tolérance inversée; une consommation chronique peut entraîner une légère tolérance. Une dépendance psychologique peut apparaître dans certains cas.

Effets aigus

Les effets aigus sont l'euphorie, une autre perception du temps, des troubles de la mémoire à court terme (problèmes de mémoire de fixation) et une baisse de l'agressivité. La sensibilité plus élevée au son (musique) et la capacité de faire naître des associations d'idées inattendues sont des effets subjectifs. L'appétit peut parfois augmenter fortement. Les effets somatiques sont la tachycardie, une augmentation de la pression artérielle en position couchée (mais une baisse en position debout), une irrigation sanguine plus importante des conjonctives et une augmentation de l'irrigation sanguine cérébrale, en particulier dans les zones frontales (85). On observe une hausse des ondes alpha sur l'E.E.G. La phase REM diminue.
Des doses importantes peuvent entraîner des hallucinations, des chimères et des sensations paranoïaques, ressemblant aux symptômes de la psychose toxique.
La conduite est affectée de manière négative, mais les effets négatifs sont sur-estimés, ce qui se traduit par une conduite plus prudente, contrairement à l'alcool, dont les effets sont sous-estimés (86).
Le monde médical en appelle de plus en plus à une application médicale de la marijuana herbale. Du THC pur (nom de marque : Marinol) est déjà utilisé contre le glaucome, contre les nausées dues aux cytostatiques, ainsi que comme stimulateur de l'appétit. La double consommation d'alcool et de cannabis peut entraîner un évanouissement passager et des vomissements.

Effets chroniques

On a très souvent tenté d'accuser le cannabis d'avoir toute une série de conséquences nocives.
Il serait responsable de psychopathologies, de comportements antisociaux et criminels, de psychoses, de la consommation de drogues plus dures pour des raisons pharmacologiques (la théorie du marche-pied) et du 'syndrome amotivationnel'.
Ces accusations n'ont pas pu être confirmées par des recherches épidémiologiques, simplement parce que la présence d'un 'rapport' ne signifie pas forcément qu'il s'agit d'un rapport de cause à effet. Illustrons ce fait par une étude menée sur 101 enfants, qui ont été suivis de leur 4e à leur 19e année. Une fois atteint l'âge de 18 ans, il était possible de diviser le groupe en fonction de la consommation de drogues : les abstinents, les expérimentateurs et les consommateurs fréquents. Les différences ainsi constatées pouvaient facilement être mises en rapport avec des différences qui s'étaient déjà manifestées dès leurs premières années de vie et qui semblaient être liées à la relation parent/enfant. Les 'expérimentateurs' paraissaient d'ailleurs les plus équilibrés, ce qui ne veut évidemment pas dire qu'il faut expérimenter pour être équilibré! Selon cette même étude, le syndrome amotivationnel n'est pas non plus lié à la consommation de cannabis, mais bien à la première enfance (87). On admet généralement que le cannabis rend moins agressif et violent, sauf peut-être chez de rares individus instables. De la même façon, il n'existe aucune indication que la consommation de cannabis provoque des psychoses. La théorie sur le passage à des drogues plus dures n'est pas non plus prouvée. S'il est vrai que beaucoup de consommateurs d'héroïne ont commencé par du cannabis, n'oublions pas que très peu de fumeurs de cannabis passent à des variantes plus dures. S'il existe un préalable à la consommation de cannabis, c'est bien le tabac! Les non-fumeurs ne se mettent que très rarement à la consommation de cannabis. Pour une liste détaillée de la littérature parue sur la question, voir 88, 89 et 90.
Etant donné le risque d'un trouble de la mémoire de fixation consécutif à une consommation aiguë, on peut se demander si une consommation chronique entraîneraient des séquelles plus persistantes. La littérature à ce sujet ne permet pas de donner une réponse claire, d'autant plus que des études prospectives n'ont pas encore été menées.
Sur le plan physique, rien ne permet de conclure à une neurotoxicité, à une circulation cérébrale perturbée, à une atrophie cérébrale ou à une baisse de la fonction cérébrale (91, 92, 93).
Bien que la présence de récepteurs THC sur des leucocytes suggère un effet immunosuppressif, un dérivé synthétique du THC (dronabinol) a été approuvé comme médicament contre l'anorexie sidéenne. Il n'existe pas de confirmation clinique.
Les effets sur les poumons sont probablement les plus marqués. Une consommation chronique de cannabis provoque des risques potentiels de bronchite, d'emphysème et de cancer du poumon. Le cannabis contient davantage de substances carcinogènes que le tabac, mais cette différence est compensée par le fait que la consommation de cannabis est beaucoup moins importante que celle du tabac.
Bien que quelques études aient démontré une baisse de la teneur en testostérone, FSH, LH et prolactine (94), ces conclusions sont maintenant contestées (95). Des effets négatifs sur le sperme ont été observés à plusieurs reprises; ces observations sont corroborées par la présence de (quelques) récepteurs THC dans les testicules. Il est possible que le THC ralentisse la croissance foetale (96), mais ceci n'a pu être confirmé par une étude prospective (97, 98). Des enfants exposés au THC avant leur naissance et étudiés ensuite à l'âge de 1, 2 et 3 ans, ne présentaient pas d'anomalies particulières, bien qu'ils présentaient des trémulations à leur naissance. Ce n'est qu'à l'âge de quatre ans que l'on a découvert des différences très subtiles, qui, selon l'auteur, pourraient également très bien être la conséquence d'un mauvais régime pendant la grossesse ou du rapport mère/enfant après la naissance (99).

ACIDE LYSERGIQUE DIÉTHYLAMIDE (LSD)

Histoire

LSD est le représentant le plus connu des indolamines. Albert Hofmann, un chimiste qui travaillait chez Sandoz, une entreprise qui était encore très petite à cette époque, réussit pour la première fois en 1938 à synthétiser le LSD à partir de l'ergot (Claviceps purpurea), un champignon qui pousse sur le seigle. Le 16 avril 1943, il synthétisa à nouveau du LSD et en avala une petite quantité par inadvertance. Peu après, "je ne pouvais qu'interrompre mon travail au laboratoire en plein milieu de la journée et retourner chez moi, car j'étais en proie à une intense agitation et à un léger vertige. Une fois arrivé chez moi, je me suis couché. Je me sentais comme en état d'ébriété, ce qui n'était pas désagréable, et ma capacité de représentation, d'imagination semblait extrêmement active. Alors que j'avais les yeux fermés, j'avais l'impression de distinguer très nettement le jour. Je sentais un flux incessant d'images fantastiques, très réalistes et vivantes, ponctuées de représentations kaléidoscopiques très intenses. Cet état prit fin après 3 heures." C'est ainsi que Hofmann décrivit son aventure (100), le premier voyage en LSD. Parce qu'il n'arrivait pas à s'imaginer qu'il avait avalé un peu de LSD, il décida de recommencer l'expérience et de prendre la plus petite quantité de LSD dont il pouvait raisonnablement supposer qu'elle aurait encore un effet : un quart de milligramme. L'effet était époustouflant! Il commença d'abord par prendre des notes sur ce qu'il ressentait. Après 40 minutes, il dût s'arrêter et demanda à un assistant de le raccompagner chez lui en bicyclette. Un médecin fut bien vite appelé, mais celui-ci ne pouvait rien constater d'anormal, du moins physiquement. Psychiquement, par contre, les conséquences étaient impressionnantes : d'énormes déformations visuelles, des visages qui se transformaient en masques grotesques, des vertiges, de fortes agitations motrices suivies d'une sensation de plomb dans les membres, parfois une incapacité de parler de façon cohérente... et tout cela parce que Hofmann avait pris une dose minime de LSD. Une substance pouvait donc, à dose minime, influencer l'immatériel, la conscience.
Au début, on pensait que le LSD provoquait une sorte de psychose artificielle. Plus tard, on a utilisé le LSD comme médicament dans le cadre de psychothérapies. Encore plus tard, ce furent les hippies qui se ruèrent en masse sur le LSD. Cette drogue provoqua un véritable raz-de-marée de consternation aux USA, dont les effets se firent sentir dans le monde entier. Toutes les certitudes, comme l'American Dream, éclataient en mille morceaux  101)
On pense souvent que la consommation de LSD a disparu après la vague hippie, mais cela n'a en fait jamais été totalement le cas. La culture a évité l'apparition d'une problématique du LSD. La consommation de LSD est souvent occasionnelle; les gens consomment un peu de LSD pendant quelques années, et puis cherchent de nouvelles sensations. Il n'y pas d'assuétude due au LSD, ce qui explique, outre les bas prix et les bénéfices limités, pourquoi le LSD n'a pas été récupéré par les milieux criminels. En fait, la consommation de LSD n'est criminelle qu'en face de la loi. On constate depuis quelques temps un regain de popularité du LSD, probablement sous l'influence de la mode des sixties.

Mécanisme

Le LSD a une action agoniste sur les récepteurs sérotoniniques présynaptiques du cerveau intermédiaire et inhibe l'activité des neurones du raphé, qui inhibent à leur tour la sensibilité aux stimuli visuels et autres.
Comme celle des autres indolamines, cette action est basée sur la similitude structurelle à la sérotonine (102, 103, 104).

Dépendance et tolérance

Aucune dépendance physique ou psychique du LSD n'a été décrite jusqu'à présent. La tolérance au LSD, par contre, se développe si rapidement qu'il faut augmenter les doses de manière substantielle si on veut obtenir les mêmes effets pendant une consommation répétée de courte durée. En pratique, ceci résulte en une période réfractaire allant jusqu'à 2 jours après la consommation. La dose habituelle est de 30 à 150 microgrammes; en général, 1 microgramme/kg; la durée d'action est d'environ 8 heures.

Effets

Le LSD est un puissant hallucinogène présentant des effets sympathomimétiques très légers. L'effet dépend largement de l'état psychique du sujet. On observe généralement une légère augmentation de la pression artérielle, une tachycardie et un léger affaiblissement musculaire. D'autres effets somatiques sont la dilatation des pupilles, des trémulations, des nausées (parfois), de l'hyperréflectivité, l'érection des poils et une légère augmentation de la température du corps. La consommation de LSD peut provoquer des états de psychose (marginale) généralement réversibles (flipper, mauvais voyage), qui disparaissent la plupart du temps lorsque la substance n'a plus d'effet. La sensibilité aux mauvais voyages n'est pas forcément liée au dosage, mais dépend surtout de la personnalité du consommateur, de son humeur et de l'environnement dans lequel le voyage est fait (106).
Une étude menée sur 5000 personnes qui ont pris au moins 25 fois du LSD a permis de démontrer qu'une problématique psychiatrique préalable peut avoir un effet négatif sur un voyage au LSD (107). Sur 10 000 séances de LSD chez des personnes saines, seuls 8 épisodes psychotiques ont été signalés. Sur les 10 000 prises de LSD parmi des patients psychiatriques, on a compté 18 épisodes psychotiques, ainsi que 12 tentatives de suicide et 4 suicides 'réussis' sur 10 000 prises.
Au cours du Summer of Love de 1972, plus de 4000 personnes voyageaient réellement au LSD dans le Vondelpark d'Amsterdam, résultant en 112 demandes d'aide : 8 demandes d'informations avant le voyage, 4 demandes pour des tranquillisants, 4 demandes d'intervention en raison de comportements violents (qui purent être calmés sans le moindre problème) et 92 demandes de tranquillisation sans médication. On compta seulement 4 cas de psychoses prolongées chez des personnes avec une anamnèse psychiatrique très chargée (108).
L'angoisse est le plus important des effets négatifs, mais cette sensation n'est jamais orientée vers d'autres personnes. Des comportements réellement agressifs sont extrêmement rares; il s'agit généralement de comportements d'excitation (109, 110).
Aucune explication plausible n'a encore été trouvée sur l'existence des 'flash-backs', s'ils existent.
Les personnes qui fréquentent les milieux du LSD déconseillent d'ailleurs la consommation simultanée d'alcool.

Effets chroniques

On a imputé au LSD toute une série d'effets négatifs, dont l'existence n'a jamais pu être prouvée. Des détériorations chromosomiques, qui suggéraient évidemment le risque d'une tératogénie, ont été observées, mais il est bien vite apparu que ces 'détériorations' étaient tout à fait bénignes (111).

AUTRES INDOLAMINES

La psilocybine et la psilocine sont les alcoloïdes actifs de plusieurs champignons, en particulier du Psilocybe mexicana. Plusieurs espèces européennes contiennent également ces substances. Les psilocybes sont utilisés par les 'curanderos' mexicains (guérisseurs). En Europe aussi, on connaissait dans les années soixante-dix des petits 'champignons' à la psilocybine, qui n'étaient d'ailleurs que de la soupe-minute aux champignons à laquelle on avait ajouté du LSD. Plus tard, on pouvait parfois se procurer les vrais champignons à la psilocybine.
La psilocybine fait également partie des indolamines et se caractérise par une action qui ne se différencie pas fondamentalement de celle du LSD. La dose active se situe aux environs de 10 mg.
La diméthyltryptamine (DMT) est un puissant hallucinogène dont la durée d'action est très courte (1 heure). On l'appelait dans les années soixante-dix le 'voyage de l'homme d'affaires'. On pense que cette substance se trouve aussi naturellement dans le corps humain. Les schizophrènes en auraient dans leur urine, mais cette hypothèse n'a jamais pu être confirmée de façon systématique. La DMT ne peut pas être prise oralement, mais doit être fumée ou injectée.
La bufoténine est une indolamine qui est produite par de nombreuses espèces de crapauds, et qui est parfois éliminée en quantités importantes par la peau et par l'urine. La même substance est également le composant actif de la prise de Cohoba en Amérique du Sud.

HARMALINE ET HARMINE

Ces substances appartiennent au groupe des 13-carbolines et sont les alcaloïdes naturels des Banisteriopsis caapi. Il s'agit d'antagonistes sérotoniniques à action hallucinogène et analgésique. Il est possible qu'il y ait également une interaction avec les récepteurs benzodiazépiniques. La harmaline est l'un des composants de 1"ayahuasca', une boisson indienne qui devient de plus en plus connue ces dernières années par l'intermédiaire de la religion brésilienne de Sao Daime. Cette boisson fortement hallucinatoire contient d'ailleurs une forme de DMT qui se prête à une prise orale.
Les PHÉNÉTHYLAMINES représentent de loin le plus grand groupe d'hallucinogènes dont l'action peut aussi bien être très forte que très faible. En voici les principales.

MESCALINE

Le cactus sacré des Huichols au Mexique, le peyotl (Lophophorawilliamsii) contient de la mescaline. Cette substance a été isolée en 1896 et synthétisée en 1919, mais il faut attendre jusqu'en 1927 pour trouver les premières descriptions de l'effet de la mescaline sur l'esprit (112). Il s'agit d'un hallucinogène puissant, dont l'effet, à une dose comparable d'environ 400 mg, n'a rien à envier à celui du LSD. Durée d'action : 10 à 12 heures.
Aujourd'hui, cette substance n'est (pratiquement) plus disponible. Les capsules que l'on vendait au début des années soixante-dix n'avaient en fait jamais contenu de la mescaline. C'était l'hallucinogène sur lequel Huxley avait basé ses 'Doors of Perception' (113), l'hallucinogène originel qui allait donner naissance à tous les autres hallucinogènes.

LES ENTACTOGÈNES : MDA, MDMA ET MDEA

Histoire

L'histoire des entactogènes commence en 1912 lorsque la société allemande Merck en demanda un brevet (114), qui, plus tard, expira sans jamais avoir été utilisé. Les entactogènes refirent leur apparition beaucoup plus tard dans le cadre de recherches que l'armée américaine effectuait sur les hallucinogènes. Celle-ci fit effectuer en 1953-54 une étude sur la possibilité d'utiliser, entre autres, la MDA et la MDMA comme sérum de vérité. Selon les résultats publiés en 1973 seulement (115), ces substances ne pouvaient pas servir de sérum de vérité. La MDA devint populaire dès les années soixante, tandis que la MDMA ne fut découverte comme 'drogue' qu'en 1972 (116).
En 1978, Shulgin et Nichols (117) publièrent un article scientifique sur la structure et l'action de la MDA et la MDMA, entre autres. Ces informations étaient cependant déjà connues depuis longtemps; certains psychothérapeutes utilisaient même de plus en plus de la MDMA dans le cadre de leurs thérapies (118, 119). A partir de 1981, la MDMA, qui avait entre-temps reçu le nom d'XTC ou Ecstasy, devint une drogue à 'usage récréatif', aux Etats-Unis, puis dans d'autres régions du monde. A la Southern Methodist University de Dallas, où l'alcool était interdit, les étudiants achetaient légalement de la MDMA en guise de substitution à l'alcool et payaient avec leur carte de crédit. De 10 000 doses sur une seule année en 1976, la consommation américaine était passée à 30 000 doses par mois en 1985 (120). En même temps, la Drug Enforcement Administration (DEA) signalait que la consommation au Texas se chiffrait déjà à 30 000 doses par mois. Une enquête en 1987 révéla que 40% des étudiants résidant sur le campus de la Stanford University avaient déjà pris de la MDMA (121). En 1985, la Drug Enforcement Administration décida d'interdire la MDMA et de lui donner le même statut que l'héroïne et le LSD.
La MDMA était également très prisée des adeptes de Baghwan, qui la propagèrent en Europe. Le contexte européen de la MDMA est d'ailleurs très différent. Ce fut d'abord à Ibiza que les jeunes trouvèrent cette combinaison typique d'XTC, de musique électronique lancinante et d'exotisme. Depuis Ibiza, la drogue se répandit sur le reste de l'Europe, en particulier en Angleterre et aux Pays-Bas, où une nouvelle culture jeune vit le jour et gagna bientôt toute l'Europe : les 'raves'.
Il semble d'ailleurs que l'on vend sous le nom d'XTC toute une série de substances différentes, dont l'amphétamine, la kétamine, la PCP, la caféine, mais aussi des médicaments 'normaux', ce qui représente de la falsification pure (122). Nous allons vous présenter les principaux entactogènes, qu'ils soient vendus sous le nom d'XTC ou non.

MÉTHYLENDIOXYAMPHÉTAMINE (MDA)

Voici comment Shulgin décrit l'effet hallucinogène de la MDA : "elle provoque des hallucinations de nature contraignante, les yeux fermés. Elle ravive une série d'événements passés, de scènes d'enfance, de périodes écoulées, qui semblent être relativement précis."
La MDA est une drogue unique dans la mesure où elle renforce les émotions et l'empathie et qu'elle crée une relation émotionnelZe intense avec les autres personnes présentes. Ce sont ces effets là qui ont donné à la drogue sa réputation de 'drogue récréative'. La MDA a également une action sympathomimétique claire.
Le dosage habituel est de 80 à 160 mg et la durée d'action de 8 à 12 heures. Dans le cadre des recherches sur un éventuel sérum de vérité, la MDA a été administrée par l'armée américaine à une série de 'cobayes humains', dont certains n'étaient d'ailleurs pas au courant de ce qu'on leur administrait. Une personne (un malade psychiatrique) est décédée à la suite d'une administration intraveineuse de 500 mg (124).

MÉTHYLENDIOXYMÉTAMPHÉTAMINE MDMA.)

"Le premier effet se ressent très rapidement, seulement une demi-heure après la prise. La plupart des sujets d'expérience ont déclaré que le 'sommet' de l'effet était déjà atteint après une demi-heure à une heure. Les symptômes d'intoxication disparaissent en majeure partie après deux heures, à l'exception d'une légère stimulation sympathomimétique résiduelle, qui peut se prolonger pendant quelques heures. Il n'y a pratiquement pas de symptômes d'intoxication physiques et les symptômes psychiques consécutifs sont virtuellement inexistants. D'un point de vue qualitatif, la MDMA provoque un état de conscience particulier et facilement maîtrisable, à prédominance émotionnelle et sensuelle. Son effet est certainement comparable à celui de la marijuana, de la psilocybine (moins le composant hallucinatoire) ou de la MDA (du moins à dose limitée) (117)."
Voici comment un très sérieux quinquagénaire décrit l'effet de la MDMA dix ans plus tard :
"La drogue fait disparaître toutes les névroses. Plus de peur de la réponse. Cette drogue donne une sensation fulgurante de calme et de paix avec le monde. On se sent ouvert, éclairé, aimant. Je ne peux pas m'imaginer que l'on puisse être fâché, jaloux, mesquin ou défensif quand on est sous son influence. Elle m'a aidé à me comprendre, réellement, et à me donner une compréhension, une intelligence qui reste, que l'on garde même après que l'effet de la drogue ait pris fin." (125)

MÉTHYLENDIOXYÉTRYLAMPHÉTAMINE (MDEA)

Cette variante ne diffère pratiquement pas de la MDMA. Elle est seulement un peu plus faible; le dosage est d'environ 135 mg et la durée d'action de 3 à 5 heures. La principale différence par rapport à la MDMA est que "l'effet spécial et magique et le transfert affectif semblent être absents" (124).

Les effets sympathomimétiques des entactogènes

Downing (126) et Hayner & McKinney (127) ont observé les effets suivants : hausse de la pression artérielle et de la fréquence du pouls, conscience inchangée, activités mentales claires, pas d'hallucinations, mémoire de fixation intacte, dilatation des pupilles, légers troubles de la coordination motrice (en particulier une tension élevée au niveau du masséter), conscience sensuelle plus importante, excitation sexuelle (rarement), nausées, disparition de la sensation de faim, électrocardiogramme normal. Conclusion : "Cette étude indique que la consommation de MDMA dans le respect des paramètres donnés ne donne pas lieu à des conséquences comportementales et neurologiques immédiates ou consécutives significatives." Tous ces effets s'expliquent par l'action stimulante de la MDMA.
Les symptômes résiduels qui ont été décrits (fatigue, épuisement, dépression et, dans quelques cas, psychose prolongée) s'expliquent de la même façon, à l'exception des dépressions, qui suivent parfois brièvement la prise de MDMA.
Les problèmes que l'on observe le plus souvent sont l'angoisse, l'accélération du rythme cardiaque et, dans les cas graves, la paranoïa. Le traitement est symptomatique. Cela signifie qu'il suffit généralement d'expliquer au sujet que ce qu'il ressent est l'effet d'une dose très importante et que son état se stabilisera dès que la drogue aura fini son effet. Rationaliser (ou 'talk down') les sensations du patient est une méthode efficace dans la plupart des cas, également utilisée dans le cas de réactions au LSD. Dans les quelques cas où l'état d'angoisse se prolonge, le patient peut participer à des entretiens 'd'encadrement', qui ne durent généralement pas plus d'une semaine, à moins qu'il n'ait utilisé d'autres drogues ou qu'il souffre de problèmes émotionnels (128).
Enfin, la MDMA pourrait diminuer la résistance aux infections. Aux Etats-Unis, on a signalé des cas d'infections (virales) des voies respiratoires (129); aux Pays-Bas, on observe des cas d'infection des voies urinaires, en particulier chez les femmes (130).
Le fait qu'il existe une discussion sur un éventuel effet hallucinogène de la MDMA s'explique probablement par le fait que les consommateurs signalent régulièrement des formes (légères) d'hallucinations, alors qu'ils ne sont jamais certains d'avoir effectivement pris de la MDMA. Il se peut très bien qu'ils aient également pris une très petite dose de LSD ou qu'ils aient ache,té de la MDA sous le nom d'XTC. Il semble également que le corps transforme une petite partie de la MDMA en MDA (131). Avec les doses habituelles, cette transformation n'a aucune influence, mais il est possible que ce phénomène provoque de légères hallucinations à dosage élevé.
Certaines publications médicales, ainsi que les mass media, ont attiré l'attention sur quelques décès de consommateurs de MDMA, décrivant les complications aiguës suivantes (132, 133, 134, 135, 136, 137, 138, 139, 140, 141, 142, 143) :
-    complications cardiaques;
-    hyperthermie/hyperpyrexie (fièvre excessive), causant une rhabdomyolyse, une coagulation intravasale diffuse et un arrêt de la fonction rénale;
-    hépatotoxicité;
-    psychoses.
Les complications cardiaques ont été signalées sans exception chez des personnes souffrant déjà de problèmes cardiaques, parfois à leur insu. On sait depuis longtemps que l'hyperthermie, avec toutes ses complications mortelles, est une complication rare consécutive à une surdose d'amphétamine, probablement basée sur une sensibilité 'idéosyncratique' individuelle (144). L'hépatotoxicité est un phénomène nouveau, du moins en relation avec des substances s'apparentant à l'amphétamine. Les psychoses sont bien connues et on sait qu'il s'agit de complications généralement passagères dont souffrent les personnes qui y sont sensibles.
Des expériences sur des animaux auraient permis de démontrer que la MDMA pourrait endommager les extrémités nerveuses sérotoninergiques (145). Il n'a pas encore été prouvé que ceci est également le cas chez l'homme (146).
Par contre, on a découvert qu'un certain nombre de sujets qui, en moyenne, avaient consommé 95 fois de l'XTC en 5 ans, ont un taux nettement inférieur d'un indicateur de la fonction sérotoninique dans le cerveau, mais on ne dispose pas de données sur ce taux avant qu'ils n'aient commencé à prendre de l'XTC. On constate en tous cas que les sujets de l'expérience sont nettement moins impulsifs et hostiles et qu'ils se maîtrisent mieux que le groupe témoin, qui n'avait pas pris d'XTC (147). Etant donné que ces caractéristiques personnelles correspondent au type de comportement qui est supposé être généré par la sérotonine, on peut supposer que la teneur en sérotonine n'est plus la même. La question de savoir si cet éventuel changement doit être considéré comme positif ou négatif relève évidemment de l'opinion personnelle. Remarquons tout de même que beaucoup de personnes reçoivent de façon chronique des médicaments qui s'apparentent à cette drogue, comme la fenfluramine, un inhibiteur de l'appétit dont on a observé les mêmes effets neurotoxiques, et la fluoxétine (Prozac), dont les effets à long terme n'ont même jamais été étudiés.

Le mécanisme des entactocrènes

La MDMA augmente la sécrétion de sérotonine dans les synapses et inhibe la réabsorption de la sérotonine. La MDA et l'amphétamine ont le même effet. La MDMA et la MDA ont un effet inhibitoire sur la réabsorption de la sérotonine qui est 5 fois plus puissant que celui de l'amphétamine et au moins 20 fois plus puissant que celui de la DOM, un vrai hallucinogène (148). La MDA et la NMDA ont également un effet inhibitoire relativement puissant sur la noradrénaline, résultant principalement de l'action sympathomimétique de la MDMA.
La MDA bloque la réabsorption de la dopamine, la MDMA le fait dans une moindre mesure, alors que la DOM ne le fait pas du tout. Ceci démontre une fois de plus qu'à ce niveau, la MDA et la MDMA appartiennent à une classe de substances bien différente de celle des vrais hallucinogènes.

MUSCIMOL

Cette substance est l'hallucinogène de l'amanite, qui était utilisé par les chamanes de l'Asie du Nord-Est et qui s'associe fortement au récepteur GABA.

ATROPINE

L'atropine, la scopolamine et les tropanes apparentés se trouvent dans diverses espèces de solanacées. Les principales sont l'Atropa belladonna et la Datura stramonium. Elles jouaient un rôle important dans la composition de sirops contre la toux en Europe. Un de ces sirops devait être étalé sur les lèvres vaginales. Cette pratique serait à la source de l'histoire des balais graissés des sorcières; la scopolamine est d'ailleurs considérée comme la substance qui provoque l'illusion de voler (149).

LES ARYLCYCLOHEXYLAMINES : PCP ET KETAMINE

La phencyclidine (PCP) a été développée à des fins d'analgésie et d'anesthésie, mais est maintenant devenue obsolète en raison des psychoses postopératoires. On l'utilise parfois encore dans la médecine vétérinaire. En voici les effets : apaisement, immobilité, amnésie et analgésie. On utilise dans le cadre de la PCP le terme 'anesthésie dissociative'.
En tant qu'anesthésiant, la phencyclidine a été remplacée par la kétamine (nom de marque : Ketalar) (150). La substance n'est pas brevetée et est entre autres fabriquée en Hongrie et en Yougoslavie. La PCP et la kétamine agissent sur le cortex et le système limbique. L'administration entraîne rapidement une analgésie et une amnésie. La perte de conscience dure de 10 à 15 minutes après l'administration intraveineuse, l'analgésie 40 minutes et l'amnésie de 1 à 2 heures. Le réveil peut durer plusieurs heures et être accompagnés de cauchemars et d'hallucinations. Près de 50% des personnes de plus de 30 ans subissent des phénomènes d'excitation/délirium ou souffrent d'hallucinations visuelles. Ces symptômes sont beaucoup plus rares chez les enfants et les jeunes adultes, ce qui explique pourquoi cette substance est surtout utilisée dans la chirurgie enfantine.
La pression intracérébrale, la pression intraoculaire et l'irrigation sanguine cérébrale augmentent. Les réflexes pharyngiens et laryngiens restent intacts. Le réflexe de la toux est inhibé, la résistance des voies respiratoires diminue et les bronchospames disparaissent.
L'affaiblissement des muscles est limité et le tonus musculaire peut augmenter. Parfois, le patient fait des mouvements sans raison. Le métabolisme augmente. Les effets secondaires sont nombreux : type de comportement bizarre et violent, hallucinations, agitation, rigidité catatonique, désorientation, incoordination, nystagmus, hypersalivation, vomissements,
convulsions, engourdissement, hypertension, tachycardie, dépression cardiovasculaire (rare), risque d'hyperpyrexie avec rhabdomyalyse et arrêt de la fonction rénale.
Le traitement de tous les symptômes toxiques est symptomatique. La psychose toxique ne se distingue pas de la schizophrénie. L'halopéridol est préférable à la chlorpromazine. Une urine acide renforce l'élimination.
Les contre-indications sont nombreuses : glaucome, hypertension, accident cérébrovasculaire dans l'anamnèse, faiblesse cardiaque, pression intracrânienne élevée, anomalies psychiatriques (en particulier la schizophrénie).
Elle agit sur le récepteur NMDA et inhibe la réabsorption de la dopamine, de la sérotonine et de la noradrénaline. Les singes ayant reçu de la PCP ont un comportement d'auto-injection.
La PCP a été identifiée comme 'drogue' dans les années soixante et elle était vendue sous plusieurs noms : poussière d'ange, angel air, angel mist, poudre d'ange, crystal, cyclone, horse tranquillizer, dust, killer weed, scuffle, peace weed, peace pills (151, 152, 153, 154). Elle n'est jamais devenue populaire en Europe.
La kétamine apparaît également quelques fois sur le marché de la drogue et est alors vendue sous le nom d'XTC (Rotterdam et environs, février/mars 1992). On signale le même phénomène en Angleterre (155).

Mise à jour le Vendredi, 18 Décembre 2009 13:45