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3. ÉVALUATION DES PRATIQUES À RISQUE ET DES CHANGEMENTS DE COMPORTEMENT PDF Imprimer Email
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Vendredi, 26 Février 2010 15:03

3. ÉVALUATION DES PRATIQUES À RISQUE ET DES CHANGEMENTS DE COMPORTEMENT

Les etudes d’evaluation montrent que les changements de comportement visant à la reduction des risques de contamination se sont nettement renforces ces dernières annees mais restent partiels et fragiles.

EN CE QUI CONCERNE LE RISQUE DE CONTAMINATION PAR L'INJECTION
L’enquête menee dans la rue par l'IREP en 1990 et 1991, a Paris, Metz et Marseille9, constate que les comportements ont continue d'evoluer et rapporte que plus de 67,3 % des usagers de drogues disent avoir cesse toute pratique à risque liee au materiel d'injection : ils achètent leur seringue et ne l’utilisent que personnellement.
Si, globalement, tous les toxicomanes tentent de reduire les risques de contamination par la seringue, ils n'y parviennent pas tous et pas toujours. En règle generale une seringue ne se partage pas mais il existe des circonstances dans lesquelles l'usager croit qu'il ne peut pas faire autrement.
La même etude a montre que la mise en vente libre des seringues n'a pas elimine tous les risques de contamination et que le partage des seringues n'est pas le seul risque. Les seringues personnelles sont generalement utilisees quatre à cinq fois et sont le plus souvent cachees dans la rue pour eviter la presomption de delit d'usage. Il peut y avoir une reutilisation par quelqu'un d'autre sans que l'interesse le sache, ce qui introduit un risque accidentel de contamination. Il est apparu que la pratique la plus courante de « sterilisation » etait de rincer la seringue avec du jus de citron.
Il semble qu'il n'y a plus aujourd'hui de difficultes majeures à se procurer des seringues neuves.
Dans l'ensemble les pharmaciens jouent le jeu et les circuits des pharmaciens cooperants sont bien connus des usagers. Reste la difficulte de se procurer une seringue neuve dans certaines circonstances, dans certains lieux, le soir, la nuit, les jours feries, en particulier hors de Paris.

EN CE QUI CONCERNE LE RISQUE DE CONTAMINATION PAR VOIE SEXUELLE
On peut considerer que les usagers de drogues ont une sexualite comparable à celle de leur groupe d'âge, mais le risque de contamination par voie sexuelle parmi eux est difficile à cerner à cause de la prostitution occasionnelle, qui se developpe en particulier parmi les consommateurs de crack et qui reste mal evaluee. La recherche de la drogue peut provoquer la prostitution comme la pratique de la prostitution entraîner l'usage de la drogue10.
On peut penser que les toxicomanes par voie intraveineuse ont commence lentement à modifier leur comportement sexuel. Les changements affectent en priorite les toxicomanes seropositifs. L'enquête de l'IREP (1992) rapporte un taux de 43 % d’adoption du preservatif chez les toxicomanes seropositifs, de 16% chez les toxicomanes seronegatifs.
Dans l’ordre des priorites le preservatif arrive loin derrière la seringue. Il y a un decalage du point de vue de la representation du risque et donc des pratiques adoptees pour le limiter entre la sphère de la consommation de drogues et celle de la sexualite, en particulier chez les plus jeunes. On peut conclure que l'emploi du preservatif reste trop peu frequent.

9 IREP, La transmission du VIH chez les toxicomanes, Pratiques, attitudes et représentations : situation et tendances, Paris, mars 1992, etude financee par l'ANRS.

10 IREP, Le travail sexuel, la consommation des drogues et le VIH : investigation ethnographique de la prostitution à Paris . 1989-1993. Paris, septembre 1993, etude financee par l'ANRS et la DAS.

Mise à jour le Vendredi, 26 Février 2010 15:17