1. ÉPIDÉMIOLOGIE
LA SITUATION EN FRANCE AU 30 JUIN 1993 1
- nombre de cas de sida cumules lies à l’usage de drogues par voie intraveineuse : 5 787 soit 22,6% du total des cas de sida cumules depuis 1978.
- nombre de cas de sida diagnostiques au cours du premier semestre 1993 et lies à l'usage de drogues : 405 soit 28,5 % du nombre total des cas diagnostiques ce semestre (en 1992 : 26,4 % ; en 1985 : 7,6 %).
- nombre de cas de sida diagnostiques au cours du premier semestre 1993 parmi les heterosexuels partenaires de sujets
toxicomanes : 59 soit 25,5 % du nombre total de cas de sida heterosexuels diagnostiques ce semestre (1992 : 19,1 %).
La frequence de l’infection par le VIH parmi les usagers de drogues est actuellement evaluee entre 33 % et 38 % de l'ensemble de la population toxicomane2. Cette donnee ne peut titre qu'approximative, puisque le nombre de toxicomanes en France et la frequence des diverses pratiques (voie intraveineuse ou autres) restent inconnus.
LES ZONES DE FRAGILITÉ
Les zones de fragilite sont la region Provence-Alpes-Côte d'Azur (48% des cas de sida declares dans la region sont lies à l'usage de drogues par voie intraveineuse) et l'Ile-de-France (25%),notamment la petite-couronne de Paris : les departements les plus touches sont la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine, le Val -de-Marne (dans les lieux de soins de la petite-couronne, la proportion de toxicomanes parmi les malades sideens depasse souvent 50%)3.
L'ÉVOLUTION DE L'ÉPIDÉMIE
La contamination par le VIH parmi les usagers de drogues par voie intraveineuse est intervenue massivement dans les années qui ont précédé la libéralisation de la vente des seringues en pharmacie en 1987. Le taux de séropositivité parmi les usagers de drogues dans les maisons d'arrêt de la région parisienne a pu atteindre 70% entre 1987 et 1988. Les principales données cliniques et biologiques montrent que nous sommes au début de l’épidémie parmi cette population, compte tenu de la période d’incubation de la maladie.
En région parisienne, l’aggravation de l’état de santé des toxicomanes est soulignée par l’Observatoire régional de la santé de l’Ile-de-France. L’infection par le VIH est fréquemment associée à l’hépatite B et à l'hépatite C. Dans une région comme la Lorraine, où la prévalence de la séropositivité au VIH est moins élevée parmi les toxicomanes (entre 7 et 15 %), la fréquence de la séropositivité au virus de l'hépatite C est impressionnante, pouvant atteindre 70 %4. Le constat de l'aggravation de l'état de santé des toxicomanes est également fait dans plusieurs autres villes européennes5.
1 Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, n° 31/1993, 9 août 1993.
2 Sources : Facy F., Le Huede E., Etude épidémiologique des centres de post-cures 1989-1991, INSERM (U-302), 1992 ; ANRS/DGS.
3 Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, n° 31/1993, 9 août 1993.
4 Annales de médecine interne, sous presse
5 IIIe séminaire international de l'IREP, Paris, mai 1993.
|