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GHB : Substance naturelle, drogue et médicament

Robert Hämmig

Forum Med Suisse 2011;11(42):736–738 736

 

 

Quintessence


- Le GHB est une substance présente à l’état naturel sans des plantes et chez des animaux qui a des indications limitées en médecine et est consi- dérée comme un stupéfiant.

- LeGHB s’est établi comme « party drogue » dans les scènes de ses adeptes.

- Le problème dans ces scènes est la consommation parallèle d’alcool et d’autres substances à effet sédatif, qui favorisent la tendance à la dé- pression et l’arrêt respiratoires en fonction des doses de GHB prises.

- Les surdosages provoquent un coma exigeant une surveillance clinique.

- Une addiction au GHB est rare mais les syndromes de sevrage peuvent être très graves et exiger un traitement clinique.

 

 

 

 

Introduction

 


L’acide gamma-hydroxy-butyrique (GHB) a fait l’objet d’une certaine attention dans les médias comme «party drogue» ces dernières années. Il est souvent fausse- ment appelé drogue de designer. Les drogues de desi- gner sont des substances partant d’une structure chimique donnée et modifiées de manière à avoir un ef- fet stupéfiant. Le GHB est cependant une substance qui se trouve à l’état naturel dans des plantes et chez des animaux. Le GBH endogène est métabolisé à partir du GABA (acide gamma-amino-butyrique) mais peut aussi être un précurseur dans le métabolisme du GABA. C’est en 1874 déjà qu’a été décrite la première synthèse du GHB mais ce n’est que vers 1960 qu’il a commencé à être utilisé en anesthésie. En raison de son absence d’analgésie et de ses effets indésirables, il a été rem- placé par d’autres médicaments dans la plus grande partie des pays. Dans les années 1980, le GHB était ap- précié par les body-builders comme complément nutri- tionnel car il fait sécréter davantage d’hormone de croissance et est donc supposé avoir un effet anaboli- sant. Dans certains clubs et certaines soirées, le GHB a été de plus en plus apprécié dans les années 1990 pour son effet aphrodisiaque et relaxant, comme celui de l’alcool. Avec sa consommation toujours plus répandue, de plus en plus de cas de surdosages, certains à issue fatale, ont été déclarés, de même que des syndromes de dépendance isolés, et des rapports sur le GHB comme drogue «date-rape» ont circulé, à savoir drogue ren- dant sa victime sans volonté contre une agression sexuelle. Ce qui a fait que le GHB a été enregistré comme stupéfiant au niveau international. En Suisse

aussi, le GHB figure come acide 4-hydroxybutyrique dans le tableau a de l’annexe à l’ordonnance du DFI sur les stupéfiants, substances psychotropes, précurseurs et adjuvants chimiques (Ordonnance sur les tableaux des stupéfiants [OTStup-DFI]) et est ainsi une substance contrôlée. Ce tableau comporte en outre la remarque précisant que son ester gammabutyrolactone (GBL) est exclu du contrôle s’il est utilisé dans l’industrie. In vivo, le GBL est rapidement transformé en GHB par des lac- tonases dépendant du calcium et c’est donc un précur- seur du GHB. Un autre précurseur est le 1,4-butanediol (1,4-BD), qui est transformé en GHB dans le foie par l’alcool-déshydrogénase et l’acétaldéhyde-déshydro- génase. Le GHB n’est pas utilisé dans l’industrie chimique mais le GBL et le 1,4-BD sont très demandés comme solvants et émollients plastiques, par ex. dans la fabri- cation de polyuréthanes, colorants, dissolvants de ver- nis à ongles, etc. Une réglementation sur les stupéfiants tout aussi stricte que pour le GHB n’est donc pas pos- sible sans pénaliser gravement l’industrie. Selon le Centre Suisse d’Information Toxicologique, le GBL ne s’est largement répandu qu’après que le GHB ait été soumis au contrôle des stupéfiants. Le 1,4-BD et les autres précurseurs potentiels que sont le gamma-valéro- lactone (GVL) et le gamma-hydroxybutyraldéhyde ne semblent pas être beaucoup utilisés comme drogues. Sous forme sèche, le GHB est une poudre blanc jaunâtre saponifiée ayant tendance à faires des grumeaux en raison de ses caractéristiques hygroscopiques. Il a un goût salé et est pratiquement inodore. Il circule en solu- tion dans l’eau et le consommateur ne peut avoir aucun contrôle de sa dose. La solution est limpide ou légère- ment opalescente.

 

Mis à jour (Vendredi, 06 Janvier 2012 15:44)